Les Gilets jaunes contre l’écologie?

L’actualité écologique du mois de novembre est bien-sur marquée, en premier lieu, par la mobilisation populaire contre l’augmentation des taxes sur le carburant. Je ne vais pas détailler ici les réflexions qu’on peut avoir sur ce mouvement hétéroclite, qui traduit avant-tout un ras-le-bol global des classes populaires et de la petite-bourgeoisie rurale, ras-le-bol de l’injustice fiscale dont ils sont les victimes, ras-le-bol tout à fait compréhensible.

Au delà des volets sociaux de cette mobilisation inédite, c’est aussi son coté « anti-écologique » qui est avancé par ses critiques. Les gilets jaunes seraient opposés à la transition écologique, puisqu’ils voudraient consommer toujours plus de carburant avec leurs voitures, et de facto, seraient opposés à une augmentation de la fiscalité des carburants.

C’est évidemment faux! Dire que les gilets jaunes sont opposés à la transition écologique, c’est faire de la politique de comptoir. Les gilets jaunes s’opposent simplement à l’injustice fiscale qui amène à taxer très sévèrement les automobilistes, par le Gazole et l’essence, le moyen de transport le plus répandu notamment pour les masses populaires des Banlieues et de la campagnes, alors qu’on ne taxe pas le kérosène, le fioul lourd des cargos, ou encore la multinationale Total, qui utilise impunément de l’huile de palme dans les carburants qu’elle produit.

C’est cette fiscalité verte à deux vitesses que dénonce les français qui sont obligés d’utiliser leurs voitures pour se déplacer, surtout dans la France périphérique où les médecins et services publics se font rares, fermés un à un par la politique de ce même gouvernement. De plus, la voiture, c’est aussi pour aller travailler, de plus en plus loin de chez soi, puisque les places se font de plus en plus rares sur le marché de l’emploi. Pour finir, ces mêmes français auraient pus prendre le train pour réduire leurs empreintes carbones si le gouvernement n’avait pas privatisé la SNCF et fermé les petites lignes de chemin de fer… La transition écologique est donc un prétexte pour ce gouvernement d’hypocrites pour renflouer les caisses de l’état après les cadeaux de plusieurs milliards fait aux plus riches dans le cadre de la suppression de l’ISF et d’autres taxes sur les revenus du capital.

Macron affirme: « J’assume parfaitement que la fiscalité due au diesel soit au niveau de celle de l’essence et je préfère la taxation du carburant à la taxation du travail ».

D’ici 2022, le gazole sera taxé 23 centimes de plus par litre et l’essence 11,5 centimes de plus. Cela reste une taxation indirect du travail, n’en déplaise à Macron, puisque c’est bien en voiture que beaucoup de travailleurs se rendent au travail, et c’est bien avec leurs salaires qu’ils vont devoir acheter leurs nouvelles voitures « propres » avec lesquelles ils vont continuer à enrichir les actionnaires de l’industrie automobile.

Le problème, c’est que pour accuser les Gilets jaunes d’être opposés à la transition écologique, il faudrait que l’argent récolté dans le cadre de ce racket fiscal se dirige vers le budget de la transition écologique, or ce n’est absolument pas le cas…

« En 2019, l’Etat prévoit de prélever 37,7 milliards d’euros de TICPE, soit 4 milliards de plus qu’en 2018. Mais le montant dirigé vers le compte d’affectation spéciale « transition écologique » – qui doit notamment financer les énergies renouvelables – reste le même que l’an dernier, soit 7,2 milliards ou 19% du montant global ! » nous annonce le journal Marianne.

La justification écologique du gouvernement part en fumée face aux faits, d’autant plus quand « en même temps » le gouvernement privatise la gestion des Forêts publiques, centre stratégique de stockage de CO² dans le cadre du changement climatique, en se cachant derrière des prétextes  « budgétaires » de l’ordre de moins de 200 millions d’euros. Le gouvernement ne prendra donc même pas ces 200 millions sur les 4 milliards d’euros engendré par cette mesure fiscale pour sauver l’organisme de gestion des Forêts publiques, l’Office national des Forêts.

L’hypocrisie de ce gouvernement de dictature du capital mondialisé ne s’arrête pas là, puisque « en même temps » il autorise Total à procéder à des forages au large de la Guyane, en vue d’une exploitation de pétrole dans les années à venir. Non seulement c’est contradictoire avec le discours « sortons des énergies fossiles » du gouvernement, non seulement cela offre encore des cadeaux au Groupe Total, qui ne paye même pas d’impôts en France, mais en plus cela risque de provoquer des dégradations très graves dans l’océan au large de l’Amazonie Française, dans une zone que Greenpeace décrit comme « un écosystème unique et vulnérable, le Récif de l’Amazon ».

« En dépit de sa volonté affichée de réduire les énergies fossiles, l’exécutif continue ainsi à chouchouter les géants pétroliers. Suspendre le programme en Guyane ? « Ce n’est pas ce qui est prévu », répond ainsi du tac-au-tac Bruno Le Maire lors de la même interview sur BFMTV. » Nous rend compte le Journal Marianne, dans un article sur le Sujet.

Pour conclure, alors que selon l’observatoire national de la précarité énergétique, 7 Millions de français sont en situation de précarité énergétique en 2017, le gouvernement continue sa politique fiscale d’augmentation des taxes sur les consommations indispensables des ménages les moins riches du pays. Dans tous les domaines, cette mesure aura comme impact une baisse du pouvoir d’achat des français, qui devront réduire d’autres budgets comme l’alimentation ou les loisirs, pour ceux qui peuvent encore s’en payer. C’est pas avec ça que les Prolétaires vont avoir les moyens d’acheter du Bio aux petits producteurs locaux…

Quand l’UE prend le parti des industriels sur les plastiques jetables

On nous dis que l’UE nous apporte des avancés sur le terrain écologique… Pourtant, dans cette UE verte chère aux « Verts » il y a du sable dans les engrenages… à moins que cela soit sa vocation inéluctable, soutenir le capital au détriment de la planète? En Union Européenne, c’est l’écologie punitive pour les uns, et laxisme pour les autres. En effet, sur la question épineuse des emballages plastiques à usages uniques, comme les bouteilles, le conseil de l’UE vient de trancher. Plutôt que d’imposer des objectifs chiffrés de réduction du recours à ces emballages (certains demandaient une baisse de 90% de leurs usages…), celui-ci a préféré choisir le principe de « négociation » avec les industriels.

Les industriels, déjà, demandent des délais et refusent de participer à la collecte de ces déchets, pour des raisons financières. Ceci expose la collusion flagrante entre les lobbys de l’industrie agro-alimentaire européenne et les décisionnaires de l’UE…

Rappelons qu’en URSS et dans de nombreux pays du pacte de Varsovie, ou encore à Cuba Socialiste, cette question a été réglée depuis plus d’un demi-siècle, avec le recours massif aux consignes, aux emballages en verre réutilisables, ou encore à la commercialisation des produits alimentaires en Vrac…

Taux de CO² dans l’atmosphère : l’Urgence climatique

Le niveau de CO2 dans l’atmosphère a atteint son niveau le plus élevé depuis trois millions d’années.

« Les gaz à effet de serre ont atteint un niveau de concentration record dans l’atmosphère en 2017, annonce l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Pour le CO2, c’est un niveau jamais atteint depuis 3 à 5 millions d’années. » Nous annonce le site Reporterre.

La concentration mondiale de CO², représentant environ 70% des émissions, atteint en 2017 405,5ppm. En 1750, elle était d’environ 278ppm, soit une augmentation de 46%.

« La dernière fois que la Terre a connu une concentration comparable de CO2, c’était il y a 3 à 5 millions d’années, alors que la température était de 2 à 3°C plus chaude et que le niveau de la mer était de 10 à 20 mètres plus haut qu’aujourd’hui » nous annonce le secrétaire général de l’OMM.

« La science est claire, poursuit-il. Sans une réduction rapide des émissions de CO2 et d’autres gaz à effet de serre, les changements climatiques auront des effets de plus en plus destructeurs et irréversibles sur la vie sur Terre. La fenêtre d’action est presque close». Personne ne peux donc encore affirmer qu’il ne savait pas. Ce constat dramatique est le bilan de 2 siècles de capitalisme.

Ce capitalisme, c’est l’Exterminisme, c’est la disparition de l’humanité si nous ne réagissons pas rapidement. Plus que jamais, il est urgent de sortir du capitalisme et de construire une société socialiste et durable, un futur souhaitable et soutenable pour les travailleurs et pour la planète, sans quoi nous sommes condamnés à mourir sur l’autel des profits tous azimuts.

En 2017, hausse de la commercialisation des pesticides

Décidément, 2017 est une année noire pour la planète, puisque c’est aussi l’année d’un autre record, les ventes de pesticide. 94,2 millions de doses unités ont été commercialisés pendant cette année, selon un document du gouvernement publié par Les echos. C’est 300 000 doses unités de plus qu’en 2016.

La vision capitaliste de l’agriculture, qui a recours massivement à la chimie, a donc encore le vent en poupe alors que des études toujours plus sérieuses et toujours plus nombreuses, alertent sur la dangerosité de ces produits. Le capitalisme et l’appât des profits n’a que faire de la santé des populations et des agriculteurs, c’est même une source de profit supplémentaire pour les actionnaires de l’industrie pharmaceutique…

Rappelons qu’à Cuba Socialiste, l’usage des produits chimiques en agriculture est interdit depuis le début des années 2000…

Le « Black Friday » , Le jour en Or du capital

En novembre, c’est impossible de passer à coté d’un super anglicisme, issu du glorieux « globish » : Le « Black Friday » . En français, il s’agit du vendredi noir, jour de fête de l’ « ultra-société-de-consommation » et foire au marketing, un mois avant Noël, plus grande fête commerciale du monde.

Cette journée de fièvre acheteuse nous est venu des États-unis, une des championne des sociétés de consommation. Comme quoi, c’est bien les Américains qui nous ont libéré des Nazis en 1945. Le point Godwin presque atteint, nous pouvons désormais regarder les chiffres de cette journée noire, noire pour la planète et les consommateurs abusés, mais une journée dorée pour le capital, les profits et les grandes centrales de distribution.

En France, c’est pas moins de 735 millions d’euros qui ont été dépensés lors du « Black Friday » et du week-end qui l’a suivi en 2017. C’est trois fois moins qu’aux États-Unis et quatre fois moins qu’au Royaume-Uni. La championne reste la Chine, avec 22 milliards d’euros dépensés en une seule journée de « Black Friday » en 2017, trente fois la France…

80 % des vêtements achetés chaque année partent à la poubelle…

Le problème, c’est que l’essentiel de ces achats, principalement des vêtements, soit pour offrir à Noël, soit pour soi-même, partent à la poubelle dans l’année suivante, 80% des vêtements pour être précis. C’est donc surtout la journée mondiale annuelle du gâchis et du gaspillage, et qui explique comment et pourquoi le secteur du textile est aujourd’hui l’industrie la plus polluante du monde juste derrière l’intouchable secteur pétrolier.

Vendredi Noir donc, pour les travailleurs qui dépensent leurs argent pour rien, et surtout pour notre planète, qui va devoir avaler une quantité toujours plus folle de déchets et de pollution. Par contre, les profits engendrés lors de cette journée font de ce jour, un « Gold-Day » (jour en Or) pour la bourgeoisie capitaliste.

Bolsonaro élu sur le dos de la planète

Le sulfureux candidat de l’extrême-droite l’a emporté au Brésil, avec l’appui de la justice qui a gardé emprisonné le favoris de gauche à cette élection, l’ex-président Lula.

C’est sur le dos des travailleurs qu’il va appliquer sa politique, et sur celui de la planète que cet ultra-libéral, nostalgique de la dictature militaire, vient d’annoncer son nouveau gouvernement.

D’abord, une pro-pesticide, liée aux intérêts de l’agro-business, est nommée à l’agriculture. En effet, il s’agit de la députée Tereza Cristina, qui est surtout connu pour avoir défendu un projet de loi voulant déréglementer l’utilisation des pesticides dans l’agriculture brésilienne. Lors de sa campagne législative, elle aurait reçu 900 000 reais (sur un budget de 2,3 Millions) provenant d’entreprises des secteurs agricole et agro-industriel.

Aux affaires étrangères, Bolsonaro va nommer un diplomate admirateur de Trump, Ernesto Araujo.  Celui-ci est un climatosceptique comme son mentor, affirmant que le changement climatique est un « dogme » dont les intentions serait d’« augmenter le pouvoir de la Chine ».

C’est lui qui sera le chef de la diplomatie du plus grand pays d’Amérique du Sud, abritant 75% de la Forêt Amazonienne, Forêt indispensable dans le cadre du changement climatique que celui-ci refuse de voir, au moment d’appliquer les engagements pris par son pays lors des Accords de Paris sur le climat.

Rocade de Strasbourg, un chantier suspendu

Le tribunal administratif de Strasbourg a rendu le 23 novembre une décision importante dans le cadre du chantier de la rocade de Strasbourg. Ce projet est très contesté localement par la population et des élus, et par des militants écologistes ayant installés une ZAD sur le site. Le tribunal a donc suspendu la poursuite des travaux de l’échangeur nord du projet. Cette décision judiciaire va dans le sens des opposants et leur permet de gagner du temps.

Le site de l’échangeur est un peu particulier, puisqu’il s’agit d’une Forêt contenant 57 espèces protégées. Dans ce cadre, les déboisements ne sont autorisés que de septembre à février. Le temps pris par la procédure, devrait empêcher l’exploitation pendant l’hiver 2018-2019 et repousser donc le chantier d’au moins un an. Les délais pour un nouvel examen du recours sur le fond par le tribunal Strasbourgeois sont de l’ordre de plusieurs mois, voire davantage. Le calendrier table désormais sur une décision à la mi-2021.

Privatisation de l’ONF : épisode 2

Comment parler de l’actualité écologique sans évoquer la privatisation en cours de l’Office national des Forêts, l’organisme chargé de la gestion durable et de la protection des Forêts publiques françaises, comprenant plusieurs millions d’hectares de Forêt amazionienne?

J’ai déjà rédigé un article détaillant cette attaque dangereuse du capital, paru sur La sociale, Dans Initiative communiste et la Revue Étincelles.

Ici, je vais simplement vous rendre compte des évolutions depuis la rédaction de cet article et mon intervention au café-marxiste en Octobre 2018.

La marche pour la Forêt, organisée par l’intersyndicale des personnels de l’ONF à largement rassemblée des citoyens et des forestiers de tout horizons. En point d’orgue, dans la Forêt de Tronçais, dans l’allier, un grand rassemblement a rassemblé à l’arrivée de la Marche 1500 personnes.

Malheureusement, ce cris d’alarme n’a pas ralenti le processus en cours, et le directeur général de l’ONF annonçait à la mi-novembre, dans un discours prononcé lors d’un séminaire des nouveaux arrivants, quelques nouveautés importantes:

  • 1500 suppressions de postes (sur 9000 personnels) d’ici 2022;
  • Vente des « maisons forestières » , logements de fonction attribués aux gardes forestiers, afin de leurs permettre d’habiter sur leurs secteur forestier 24h/24, facilitant leur surveillance au quotidien et leur connaissance du milieu forestier. Elle sont plus de 2500, et pour la plupart ont été construites il y a plus d’un siècle. Leur existence était un complément de salaire non-négligeable pour les personnels. Leur vente, au delà de la liquidation du patrimoine de l’État et de l’ONF que constituent ces maisons, est une menace sur le pouvoir d’achat des personnels, sur leur santé mentale (les gardes forestiers sont souvent très attachés à leurs maisons forestières) et à la gestion durable des forêts. En effet, l’effet irrémédiable sera un éloignement des agents des forêts qu’ils ont à gérer, et donc moins de surveillance et moins de connaissances du milieu forestier public sous leur responsabilité;
  • Fin de l’attribution d’un véhicule de service, compliquant sévèrement les déplacements du personnels de terrain, et entrainant encore une fois la diminution de la présence des forestiers en Forêt, ouvrant la porte à plus d’excès des exploitants et des usagers de la Forêt;
  • Fin de l’attribution d’un secteur géographique précis et délimité, appelé « triage » , entraînant de facto l’augmentation forte des surfaces à gérer par forestier de terrain, puisque non-délimitées, et entrainant encore une fois la baisse de la surveillance et des connaissances du milieu forestier par les agents;
  • Fin du Statut de fonctionnaire et surtout, fin des missions de police forestière par l’abandon de l’assermentation des agents, réduisant à une portion congru la surveillance forestière et l’application du Code forestier;
  • Fin de l’uniforme vert, floqué de ses bandes institutionnelles, rappelant la fonction de policier de la Forêt, elle-même disparue avec la fin de l’assermentation.

Vous l’avez compris, le gouvernement, par l’intermédiaire de notre directeur général, articule sa politique vers deux objectifs qui se renforcent l’un et l’autre:

  • D’abord une privatisation de l’établissement, avec la fin des signes institutionnels, du statut de fonctionnaire et la vente du patrimoine immobilier;
  • Ensuite vers la baisse et à terme la disparition de la présence des agents dans le milieu forestier, abandonnant la mission de police forestière et par leur absence permettant tous les excès possibles des exploitants, des industriels et des chasseurs dans les Forêts publiques.

Ces annonces concrétisent les avertissements des syndicats, qui depuis plus d’un an, rassemblés en intersyndicale, n’ont de cesse d’alerter les personnels sur les dérives de la direction et sur ces potentielles décisions. Maintenant que la direction a officialisée ses intentions, les personnels ne peuvent plus faire l’autruche, et c’est bien le combat de la survie du service public forestier qui va s’engager, La suite au prochain épisode…

  • Le Film du mois

Compte-tenu de l’actualité forestière et de son succès en salle, je vous recommande « Le temps des Forêts » de François Xavier Drouet.

Revue d’actus écologiques du mois de Novembre 2018 réalisée par Fear Dorcha Mac Seáinín pour La Sociale et Initiative Communiste.

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