Le 5 mars 1871 naît Rosa Luxembourg. Fille de petits bourgeois polonais, elle reçoit une bonne éducation au lycée de Varsovie, puis à Zurich. Elle y étudie dans un premier temps les sciences naturelles, puis se tourne vers l’économie politique.

Militante battante et acharnée, elle participera (avec son compagnon de l’époque, Léo Jogiches) à la fondation du SDKP (Partis social-démocrate du royaume de Pologne) et sera rédactrice de son journal « La Cause Ouvriere ». Par la suite, en 1898, elle décidera de mener la lutte en Allemagne où elle deviens rapidement un pilier du SPD (Partis social démocrate).

Après la révolution russe de 1905, Rosa Luxemburg s’écarte de la ligne du SPD de Karl Kautsky. Une ligne de plus en plus réformiste, de plus en plus centriste… Et comme souvent dans l’histoire contemporaine, c’est le centre-gauche qui créé le malheur du prolétariat.

C’est ainsi que la majorité des parlementaire SPD vont voter les crédits de guerre.

En août 1914, Rosa Luxemburg et une poignée de militant SPD anti-militariste vont écrire une revue contre la guerre. « Die Internationale » paraîtra en avril 1915.

Incarcérée le 18 février 1915 pour « appel à l’insubordination et incitation à des actes criminels », elle passera le reste de la guerre dans différentes prisons d’Allemagne. Cela ne l’empêche pas de travailler et de publier plusieurs articles clandestins, ainsi que de vives critiques de la sociale démocratie.

C’est également pendant cette période, que vas se constituer la Ligue Spartakiste. Cette ligue intégrera l’USPD (scission pacifiste du partis social démocrate) et sera porté par d’autres figues révolutionnaires comme Clara Zetkin et Karl Liebknecht.

Si Rosa « la Rouge » vois se dérouler la révolution russe de 1917 depuis sa fenêtre de prison, elle observe les soubresauts de la révolution allemande qui viens : de grandes gréves en janvier 1918 pour demander la paix, le soulèvement des marins de Kiel, la création de conseil d’ouvriers, la destitution de l’Empereur, etc.

Elle est libérée le 8 novembre 1918 et reprend les rênes du journal spartakiste « Die Rote Fahne ».

Les événements s’enchaînent :

-Le 8 décembre a lieu une grande manifestation spartakiste à Berlin.

-Entre 29 décembre et le 1er janvier 1919 est créé le KPD (le partis communiste allemand)

-le 6 janvier 1919 : début des combats dans Berlin, c’est la « semaine sanglante ».

Les Communards français avaient eu leur semaine sanglante aussi, entre le 21 et le 28 mai 1871. C’était un homme du centre-gauche, nommé Adolphe Thiers, qui les fit exécutés. Les fossoyeurs des spartakistes furent eux-aussi de centre-gauche : Friedrich Ebert et Gustav Noske,tous deux membres du SPD.

Dans la nuit du 14 au 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht sont assassinés par les corps-francs.

Rosa Luxemburg : les 3 choses à retenir pour une politique de paix

1- Le système militaire de la classe bourgeoise n’a pas pour objectif d’assurer la défense nationale

2- Le système de la milice est le seul à garantir la sécurité de la patrie, ainsi que sa souveraineté.

1er extrait du discours de Rosa Luxembourg devant le tribunal de Francfort, le 20 février 1914 :

« Dans mon discours j’avais montré que d’ordinaire les défenseurs de l’actuel militarisme justifient leur position en invoquant la nécessité de la défense nationale. Si ce souci de l’intérêt national était sincère et honnête, alors, c’est ce que j’ai expliqué, les classes dominantes n’auraient qu’à mettre en pratique la revendication déjà ancienne du programme social-démocrate, c’est-à-dire le système de la milice ; car, disais-je, ce système est le seul moyen de garantir sûrement la défense de la patrie ; en effet, seul un peuple libre qui part en campagne contre l’ennemi par libre décision constitue un rempart suffisamment sûr pour la liberté et l’indépendance de son pays. C’est alors seulement que l’on pourrait chanter « Chère patrie, tu peux dormir tranquille » ! Et j’ai posé la question : pourquoi les défenseurs officiels de la patrie ne veulent-ils pas entendre parler de ce système de défense, le seul efficace ? Simplement parce que ce qui leur importe au premier chef, ce n’est pas la défense de la patrie, ce sont des guerres impérialistes, des guerres de conquête, pour lesquelles il est vrai la milice ne vaut rien. Et puis les classes dominantes craignent sans doute de mettre les armes dans les mains du peuple laborieux, parce que les exploiteurs ont mauvaise conscience et qu’ils ont peur que le coup de feu, un jour, ne parte dans une direction qui ne plairait pas aux maîtres en place. »

3-Toute guerre doit être décidée par ceux qui la mènent :

2ème extrait du discours de Rosa Luxembourg devant le tribunal de Francfort, le 20 février 1914 :

« Nous pensons au contraire que ce ne sont pas seulement l’armée, les « ordres » d’en haut et l’ « obéissance » aveugle d’en bas qui décident du déclenchement et de l’issue des guerres, mais que c’est la grande masse du peuple travailleur qui décide et qui doit en décider. »

Pour aller plus loin :

* « Les Spartakistes : 1918 l’Allemagne en révolution », Gilbert Badia, éditions Aden

* « Rosa, la vie : lettres de prisons de Rosa Luxemburg » textes choisis par Anouk Grinberg, éditions de l’atelier. * http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/ * http://www.collectif-smolny.org/article.php3?id_article=307

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