C’est sur un sujet complexe, très discuté, que je vais essayer de me livrer pour ce Cinquième Coup de gueule (déjà…).

C’est le cheval de bataille de Benoît Hamon, de son mouvement génération.s. Certains d’entre nous, et c’est compréhensible, sont assez naïfs pour penser qu’il s’agit d’un projet de gauche, sincèrement de gauche. Mais penser que ce projet et un projet de gauche, reviendrait à affirmer haut et fort que Michel Rocard soit de gauche, affirmation tout à fait fantaisiste. Il en va de même pour ce projet de « revenu » universel, ou « revenu » de base.

Qui sont ses défenseurs?

Avant de décrire ce que ce projet contient de tout à fait réactionnaire, et ainsi vous exposer les raisons pour lesquelles il doit être considéré comme un projet de droite purement capitaliste, je vais d’abord m’arrêter à ses origines, alors qui sont ses défenseurs?

Ses défenseurs se divisent en deux catégories, qui aspirent aux mêmes finalités réactionnaires et qui défendent les mêmes intérêts bourgeois, mais dans des termes différents.

Nous trouvons d’abord, dans un premier temps, ses défenseurs que l’on peut naïvement considérer comme « de gauche » comme Benoît Hamon, mais aussi Yannick Jadot, d’Europe-écologie-les-verts, ou encore Pierre Larroutourou, du Mouvement Nouvelle Donne. Ces défenseurs font passer ce projet pour une idée révolutionnaire et libératrice, pour une idée qui serait de gauche, qui serait progressiste et moderne. Le champ lexical « gauchiste » utilisé par ces défenseurs prétendument « de gauche » ne doit ni faire oublier le second groupe qui vante ce projet, ni le point commun qu’ils ont avec celui-ci.

En effet, ces militants font tous partie de la « gauche européenne » , j’entend par là que ces mouvements et leurs portes paroles sont tous des partisans de la construction européenne, du maintien de l’UE coûte que coûte, et de l’ « Europe Sociale » . Cet amour de la construction européenne, non seulement fait de cette idée un projet euro-capitalo-compatible avec l’UE fasciste et ultra-libérale du traité de Lisbonne, mais constitue aussi le point commun avec le second groupe de défenseurs de ce projet : une partie de la droite et des libéraux, eux aussi tout à fait militant de la construction européenne.

Ce second groupe est constitué de personne et d’ensemble qu’on peut difficilement classés à gauche, même pour les plus naïf d’entre nous. Cela commence par le MEDEF, qui commence à en parler dans son livre « Besoin d’Aire » . Mais vous pourrez trouver plusieurs articles très favorables au revenu de base dans des journaux comme Le Figaro, Les echos ou encore 20minutes… Aussi, le mouvement de jeunesse du MODEM, le Parti de François Bayrou, propose cette idée, tout comme le think thank libéral Génération Libre ou encore le parti Alternative libérale. Plusieurs personnalités politiques de droite se sont prononcés en faveur de cette idée, de Christine Boutin à Alain Madelin, en passant par Dominique de Villepin ou encore Bruno Lemaire, l’économiste du Front National.

C’est aussi le cas de Marc de Basquiat, un ancien noble ayant réussi sa reconversion bourgeoise puisqu’il est directeur de projets dans plusieurs grands groupes multinationaux, comme AREVA, et qui est en quelque sorte devenu un des porte-parole du projet, et qui préside l’AIRE (l’association pour l’instauration d’un revenu d’existence).

Voilà donc une idée largement soutenu par le monde de l’entreprise, les mouvements libéraux et les politiques de droites où de la « gauche capitalo-euro-compatible » . Ses origines sont donc incontestablement des origines libérales et bourgeoises. Cela est confirmé par la récente sortie d’Emmanuel Macron, l’ultra-libéral et ultra réactionnaire qui préside la France, qui a récemment annoncé sa volonté de construire un projet analogue, dans son plan pauvreté.

Au delà de ses origines, qui est-il exactement?

Que ses origines soit libérales et bourgeoises, Qu’il soit défendu par les libéraux et les bourgeois, cela ne suffit pas, regardons qui est-il vraiment.

Tout d’abord, parlons sémantique. Plusieurs nom sont avancés: Revenu de base, Revenu universel, Revenu d’existence, Revenu d’activité, Revenu de dignité, etc… Chaque penseur du projet lui donne un nom différent, mais tous, je dis bien tous, parlent bien d’un « Revenu » et non d’un Salaire. Cette convergence sémantique n’est pas due au hasard. Si les défenseurs du projet ne s’entendent pas sur le montant et sur l’universalité (doit-on aussi le verser aux mineurs dès la naissance), tous sont néanmoins d’accord sur l’essentiel, il s’agit d’un revenu, et non d’un salaire.

Bernard Friot, dans sa critique du Revenu de base ou du Revenu universelle, nous explique très bien cette différence: le salaire reconnaît la personne comme travailleur, comme contributeur à la richesse nationale produite, comme participant à la vie économique de la société, il le reconnaît donc comme « producteur » . Le revenu, lui, reconnaît la personne non pas comme de facto productrice de richesse pour la société, mais comme « consommateur » , comme ayant droit à du pouvoir d’achat. Le premier libère la personne, et la valorise en tant qu’acteur de la société, le second la réduit au statut d’objet de la société de consommation.

Cette différence sémantique est d’autant plus grave, que si « tout travail mérite salaire » dans la conscience collective, et que donc il est difficile d’affirmer que le travailleur « vole » son salaire, fruit de son travail; Le revenu, lui, dans ce cadre là, présenté comme une « aide sociale » , est loin d’être considéré comme l’ordre logique des choses dans la conscience populaire, qui dirait plutôt « on est bien gentil de t’accorder une aide » . Le second ayant une légitimité beaucoup plus relative, il pourrait alors être constamment et plus facilement remis en question et voir donc son niveau baisser au fil des événements politiques.

Ensuite, si tous les portes-paroles de cette idée ne sont pas d’accord  sur l’ensemble de son contour, et surtout sur sa valeur, les propositions allant de 400€ à 1000€/mois; tous, sans exception, n’index pas le montant de ce revenu à l’inflation. Ce consensus est un point très important, si ce revenu n’est pas indexé sur l’inflation, alors celui-ci ne constitue en rien un progrès, car en quelques années le bénéfice de celui-ci pourrait être complétement neutralisé par celle-ci. En effet, tous les partisans du projet annoncent que ce revenu serait universel, perçu par toute la population sans exceptions. Si l’ensemble de la population perçoit 600€ supplémentaires, il suffit d’organiser une inflation correspondante pour qu’en très peu de temps cette mesure devienne une illusion d’optique, et qu’alors 600€ correspondent en pouvoir d’achat à 1€ pour tous, une fois l’inflation passée par là.

Les désaccords de façade serait le moyen de discerner le revenu universel « de gauche » de celui de droite. En effet, c’est sur les montants de celui-ci qu’on voit naître les « sévères » et les « grands seigneurs » . Les plus durs, comme Bruno Lemaire ou Marc de Basquiat, nous propose un montant situé entre 400 et 500€, soit l’équivalent actuel du RSA. Les plus fous proposent des montants allant de 750€ pour Benoît Hamon, jusqu’à 1000€ pour l’association « Mon revenu de base » . Finalement, une des conséquences de l’instauration d’un tel système, serait la destruction de l’ancienne division droite/gauche autour du rapport au capital et au capitalisme pour lui substituer une confrontation politique autour du montant du revenu de base.

NON, je l’affirme, l’ensemble des portes paroles de ce projet sont à classer, comme l’idée qu’ils défendent, à droite, voir à l’extrême droite de l’échiquier politique. Les militants se déclarant « de gauche » et défendant le revenu universel, sont soit très naïfs, soit très malhonnêtes, dans les deux cas le prolétaire et le citoyen éclairé ne saurait confier son sort à des personnalités naïves, ou à des malhonnêtes!

Pour finir, et pour preuve, un autre consensus règne entre les partisans du revenu de base: celui-ci viendrait en remplacement de tout ou partie du système social actuel. La sécurité sociale, l’assurance chômage, les pensions de retraites, les allocations familiales, sont autant de salaires qui disparaitraient au profit d’un revenu unique, dont seul l’état maitriserait le financement et le montant. Aussi, l’ensemble des aides existantes aujourd’hui comme les allocations aux personnes handicapés, les APL, ou encore d’autres aides sociales diverses, disparaitraient au profit de ce revenu unique. Si certains défenseurs dit « de gauche » assurent ne pas fusionner tous les systèmes dans celui du revenu universel, ils restent tous très flous sur ce qui disparaitrait ou pas.

Les plus fous, annonce même qu’avec l’instauration du revenu de base, fusionnant l’ensemble du système social actuel, de la Sécu aux retraites en passant par l’assurance chômage et les APL, c’est aussi le SMIC qui serait destiné à disparaitre.

Voilà les contours de cette proposition réactionnaire qui commence à se dessiner sous nos yeux. Il est évident que remplacer l’ensemble du système social français, hérité du Conseil national de la résistance et des ministres communistes qui l’ont construit, par une construction bourgeoise comme celle d’un revenu de base allant de 400 à 800€, est un projet réactionnaire. De plus, si avec ce revenu, vous devez payer un loyer, une école à vos enfants, une assurance santé privée (totale puisque la sécu aura disparu), une assurance retraite privée (ces deux derniers faisant la plus grande joie des groupes financiers), ou encore votre alimentation, on comprend vite que même les fantaisistes 1000€/mois ne suffirons pas à vous faire survivre longtemps. Dès la première hospitalisation venue, il ne vous restera qu’a endetter vos enfants pour vous faire euthanasié à 35 ans…

Les portes paroles « de gauche » de ce projet « de droite » vont se défendre en affirmant que eux, si ils sont au pouvoir et qu’ils instaurent le revenu universel, ils ne fusionneront pas l’ensemble du système social, conservant par exemple la Sécu ou les retraites. Admettons que nous n’ayons pas à faire à des malhonnêtes, et donc à des naïfs: Comment ces politiques peuvent-ils l’être suffisamment pour rester aveugle devant l’essentiel? Eux ne fusionnerons peut-être pas tout, mais étant donné que les sociaux-démocrates partisans de la construction européenne n’ont jamais eu l’intention d’instaurer une dictature socialiste sur la droite néo-libérale et la bourgeoisie, il est évident que cette dernière, une fois revenu directement au pouvoir, ne manquera pas de finir le travail, et même de baisser le montant, déjà ridicule, du dit revenu en deux temps, trois mouvements.

Focus sur Benoît Hamon et son revenu universel

Pour encore approfondir le sujet et exposer toutes les faiblesses de la défense « de gauche » du revenu de base, nous allons analyser la proposition de Benoit Hamon. D’abord, la défense apparentée « à gauche » de ce projet est pour moi la plus dangereuse, parce qu’elle vise à faire croire, par des contorsions sémantiques et linguistiques, que cette idée est socialiste et progressiste. Or, comme je l’ai exposé ci-dessus, c’est bien une idée bourgeoise et réactionnaire, et même ses défenseurs « gauchiste » le dise malgré eux. Pour la suite, je vous laisse libre de pensé si notre cher Benoît Hamon est à ranger dans la catégorie des sociaux-démocrates naïfs ou des sociaux-traitres opportunistes malhonnêtes, même si vous connaissez mon avis sur les sociaux démocrates… Mais que dit-il exactement?

D’abord, Hamon nous propose 750€/mois pour tous, à partir de la majorité, soit à partir de 18 ans. Nous savons tous que le seuil de pauvreté en France est de 900€, c’est donc cynique de prétendre mettre fin à la pauvreté en annonçant le versement d’un revenu… En dessous du seuil de pauvreté.

Ensuite, Hamon, dans son discours, utilise la vieille novlangue Rocardienne qui visent à la victimisation de certains groupes sociaux, comme les jeunes, les vieux ou les pauvres, considérant que leurs situations sont le fruit du sort, du manque de culture et de formation, il nous dit qu’ils sont « défavorisés »… Oubliant biensur de dire que leurs situations sont le fruit de l’exploitation capitaliste et de l’enrichissement sans limites de quelques uns par l’accumulation du profit fait sur leurs dos.

Aussi, Hamon nous assure que cette nouvelle mesure est nécessaire, car « le travail de raréfie » . C’est son cheval de bataille, il y a de moins en moins de travail, de plus en plus de chômage, chômage de masse que ce cher Benoît accepte comme un fatalité, et qu’il faut donc vivre avec plutôt qu’y mettre un terme. Outre le fait que par cette affirmation, Hamon valide la volonté réactionnaire et bourgeoise d’instituer un chômage de masse, il valide aussi que dorénavant, il n’y aurait pas de travail pour tout le monde, et qu’il serait donc normal que certains gagnent au jeu, et pas d’autre. Cette vision du  travail est une vision bourgeoise, une vision réactionnaire, elle est l’opposée d’une vision marxiste ou progressiste du travail. De plus cette affirmation est fausse, car du travail, il y en a des wagons entiers, mais pas forcément du travail qui serait rentable dans une optique de production de profit financiers immédiats, et donc du travail délaissé par la classe dominante.

Pour justifier sa « raréfaction » du travail, Hamon nous dis que cela provient de l’essor du numérique et des machines outils, qui remplacent les ouvriers.

Un militant marxiste d’avant garde, un socialiste véritable, ou un progressiste sincère pourrait proposer de rendre la maitrise de la valeur produite par l’ensemble des machines à la population travailleuse, et donc de faire bénéficier des gains de productivité et des services rendus par celle-ci à tous, en réduisant par exemple considérablement le temps de travail, l’âge de départ à la retraite ou en relançant d’autres activités productives.

Hamon, lui, en porte parole malgré lui (ou pas…) des intérêts acquis de la bourgeoisie, nous propose de laisser la maitrise des profits liés au développement numérique et aux machines, entre les mains des actionnaires, des propriétaires lucratifs des entreprises, du patronat et de la bourgeoisie. Il nous propose donc le renforcement de l’exploitation capitaliste, utilisant les machines fabriquées par des ouvriers pour ensuite se passer d’eux pour produire des profits. Sans remettre en cause cet état de fait, il nous propose juste une petite mesurette sociale-démocrate visant à prélever un impôt sur les bénéfices des machines et des ordinateurs. Selon lui, ce serait moderne, novateur, « innovant » . Il est évident que se contenter de taxer légèrement les profits du capital est une mesure réactionnaire visant à ne pas remettre en cause ces profits, et ayant même tendance à les valider et les légitimer. Ces nouveaux impôts qui n’en sont pas (en effet, les bénéfices des entreprises et des sociétés sont déjà taxés plus ou moins, et contiennent déjà en leurs sein les produits des machines et des progrès numériques…) servirait alors à financer son revenu de base. Finalement, cela convient de dire que l’on va prendre les revenus fiscaux existants, pour financer un nouveau système, le revenu universel, en remplacement des autres.

Hamon nous annonce qu’il s’agit de construire un « Nouveau système de protection sociale ». Il compare même sa proposition à la mise en place en 1945 de la sécurité sociale, par Ambroise Croizat, qu’il oubli d’ailleurs de citer. Cela aurait permis de voir toute l’étendue de cette usurpation scandaleuse, car il n’y a rien de commun entre le système mis en place par un ministre communiste, basé sur un modèle communiste, qu’est le régime général de sécurité sociale, et la nouvelle protection sociale proposée par un social-démocrate rocardien, et souhaité par une partie de la droite et de la bourgeoisie. Le premier, basé sur la cotisation sociale patronale, est contrôlé à sa mise en place intégralement par des représentants ouvriers, et il « socialise » la valeur produite par les travailleurs. Le second, est basé sur l’impôt, contrôlé intégralement par l’état entre les mains de la bourgeoisie, et il reverse à la hauteur qu’il veut bien des recettes fiscales ponctionnées sur les maigres salaires des travailleurs.

De plus, cette comparaison laisse entrevoir les intentions de Benoit Hamon, et au delà celle de l’ensemble des partisans du revenu de base, c’est à dire de remplacer l’actuel système de sécurité sociale par « un nouveau système de protection sociale » dixit le président du mouvement génération.s. Il est donc bien question de remplacer le versement d’un certains nombre d’aides sociales, ainsi qu’à minima du remboursement de la majeur partie des frais médicaux par la Sécu, par un revenu universel de quelques centaines d’euros à tous les citoyens. Une assurance santé privée intégrale sera donc nécessaire à l’essentiel de la population pour ne pas se retrouver dans l’incapacité de payer une journée d’hospitalisation, venant en déduction de ce montant, et s’ajoutant au loyer, à l’éventuelle assurance retraite… Bref, loin d’être un revenu « d’existence » donc.

Pour Benoit Hamon, il faut être innovant! il va même jusqu’à légitimer les profits réaliser par le capital sur les biens communs (eau, transports, forêts…) en proposant de leurs adjoindre une fiscalité particulière…

La naïveté, ou la malhonnêteté de Benoit Hamon ne s’arrête pas là. Il révèle dans son argumentaire d’autres réelles intentions réactionnaires et ultra-libérales de ce projet. Il nous assure que le travail salarié va laisser place au travail indépendant. Les statuts d’indépendants et d’auto-entrepreneurs seront les principaux statuts de travailleurs existants dans son nouveau monde, en lieu et place du salariat et du marché du travail, pour nous lancer tous sur le marché des biens et services. Pour lui, nous devons « accompagné » ces évolutions inéluctables, et non les combattre.

« Le revenu de base, un gros piège à cons! » Dixit Franck Lepage

Explication de Bernard Friot: c’est simple, alors que nous passions par le marché du travail pour vendre notre force de travail et survivre, nous allons désormais avec ce système vendre notre force de travail individuellement sur le marché des biens et services. Le premier, certes imparfait, met en concurrence des travailleurs pour l’obtention d’emploi, de poste de travail, dans un certains nombre d’entreprise. Ces entreprises sont tenues de respecter le code du travail, de rémunérer les personnes au dessus du SMIC, sont liés par un contrat avec le salarié, etc… Dans ce cas, le marché du travail et sa réglementation apporte aux travailleurs une certaine protection et une certaine stabilité dans ses rapports avec ses exploiteurs. Certes elle demeure insuffisante, mais elle est existante.

Dans le cas du marché des biens et services, c’est la déréglementation la plus totale, la loi de la jungle économique. L’ensemble des valeurs produites par les indépendants sont récupérées et rentabilisées par des grands groupes multinationaux, économiques ou financiers. Du petits logiciel libre au jardinage bio, en passant par les services à la personne, les valeurs mise en concurrence par les travailleurs sur ce marché  seront toutes absorbées par de grands groupes capitalistes par l’intermédiaire de plateformes comme l’exemple d’UBER.

Pour faire face à la totale instabilité de ce marché des biens et services, pour que les travailleurs ne se révoltent pas trop, pour que ceux-ci bénéficient d’une stabilité fictive et pour qu’ils continuent à consommer les productions du capitalisme, on leurs donnera alors un revenu de base, pouvant même aller jusqu’à 1000€…

En réalité, ce que nous proposent les portes paroles de ce projet, qu’ils soient ouvertement de droite, ou hypocritement « de gauche » , c’est d’acter la victoire du capitalisme ultra-libéral, de son modèle de production totalement dérégulé et violent, de son modèle d’exploitation anti-social. Le tout en ajoutant simplement une charité de 400 à 800€ pour l’immense majorité de la population qui serait victime de l’instabilité produite par ce système.

Plus qu’une collaboration de classe, défendre cette idée pour le prolétariat et l’ensemble des classes exploités serait un suicide de classe.

La fin de la logique fiscale de redistribution

Ce système universel sonnerait aussi la fin de notre modèle fiscale de redistribution, pour le remplacer par un modèle fiscale de distribution. Le premier prend aux plus riches pour donner aux plus pauvres, et limites les effets les plus néfastes de l’exploitation capitaliste tout en permettant de le pérenniser, le second se contente de prendre à tous pour donner à tous. Cette contre-révolution fiscale est bien l’axe de la politique macroniste aujourd’hui, le projet ne diffère donc en aucun cas de l’idéologie libérale réactionnaire, au contraire, il la conforte.

Du pain béni pour les groupes financiers et les banques

Ce système supprimerait la socialisation comme moyen de financement de la santé ou des retraites, pour le remplacer par un système de capitalisation privée. Chacun devrait alors se pourvoir d’une assurance santé et d’une assurance retraite, privée biensur, au sein des nombreux groupes financiers qui le proposent. Alors cela ouvrirait grandes les perspectives d’importants profits sur les transactions financières et sur la capitalisation à outrance, chère aux spéculateurs de toutes sortes. Pire encore, Notre Ex-Noble et Néo-bourgeois Marc de Basquiat propose de verser un revenu dès la naissance, mais disponible qu’à ses 18 ans. En attendant, il serait « mis de coté » dans une banque, faisant la joie des groupes financiers pouvant utiliser ces dépôts pour jouer sur le marché de la bourse et empocher de juteux profits…

L’exemple Finlandais

Les médias, lorsqu’ils abordent le sujet, ne manquent jamais de parler de la Finlande, qui met le système en place. Ils annoncent un large consensus politique de la droite à la gauche Finlandaise pour sa construction, qui déjà laisse entrevoir le fait que cette mesure plaise à la droite. De plus, alors que le gouvernement finlandais annonçait d’abord 800€ d’allocations, c’est finalement 550€ par mois qui ont été retenus, en lieu et place de tous les système sociaux existants, et avec l’absence de SMIC en Finlande. Inutile de vous dire qu’on est loin du paradis sur terre.

Friot nous dit, pour conclure

Bernard Friot est partisan de la fin du marché du travail et du salariat, mais pour le remplacer par le salaire à la qualification pour tous, à vie, et dès l’age de 18 ans. Ceci afin de poursuivre le détachement du salaire à l’emploi et à la mise en valeur de capital, pour le rattacher progressivement à la personne, comme dans le système communiste du statut de la fonction publique. Les capitalistes, eux, sont aussi favorables à la fin de l’emploi et du marché du travail, mais pour pire que cela, pour du sous-emploi, de l’infra-emploi, pour du travail indépendant à leur service, sans encadrement.

Cette mesure qu’est le revenu de base permettrait aux capitalistes de se détacher de leurs fonctions d’employeurs et des obligations qui l’accompagnent, pour un rôle de client, sur le marché des biens et services, sans obligations vis à vis des travailleurs. Dans ce contexte, le revenu universel devient juste nécessaire au fonctionnement à long terme de ce système d’ultra-exploitation. Le revenu de base à pour ambition finale d’en finir avec le marché du travail, et d’en finir avec le salaire!

Pour finir, cette ambition du capital de devenir purement rentier, de se débarrasser de sa fonction d’employeur, rejoint une aspiration collective et populaire de ne plus avoir d’employeur, de ne plus avoir de patron, de devenir son propre patron… Tout le nouveau système basé sur le revenu de base et le travail indépendant est alors une récupération capitaliste de cette aspiration, pour déposer les travailleurs dans une situation d’exploitation pire que celle de « l’emploi ». En effet, ce n’est pas parce qu’on est indépendant sur le marché des biens et services, qu’on maitrise la valeur qu’on produit. L’exemple d’un paysan, qui est sur ce marché, et dont la valeur qu’il produit est intégralement pompée par les banques et les centrales d’achat, est tout à fait parlant. Le marché des biens et services renforce l’exploitation capitaliste, le revenu de base légitime et pérennise l’exploitation de tous les travailleurs sur celui-ci.

 

Une pensée sur “Coup de gueule #5 : Le revenu de base/Revenu universel, un projet très à droite”

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