Et bien voilà, ce soir, je vais consommer un peu de télévision, une petite émission du service public, sur France 3, que je ne regarde d’habitude jamais. Mais le titre m’intrigue, un reportage de Thalassa, si habituellement bien-pensant, sur le Saumon. Je me décide à tenter le truc, après tout, je n’ai rien à perdre, il y a longtemps que je n’attend plus rien des reportages télés… Et là, voilà que le début du sujet va très vite me révolter, le scandale de la pêche du Saumon. Voilà un petit récit d’un coup de gueule au sale goût de poisson pas très frais. 

Voyage en Ex-URSS, à la pêche du Saumon sauvage de l’extrême orient russe

 

 

 

 

 

 

 

Tout commence dans la région russe du Kamtchatka, une province qui borde le pacifique, ou siègent un paysage vierge et verdoyant, de grands volcans classés au patrimoine mondial de l’unesco et des lacs d’un bleu à vous couper le souffle. Dans ces montagnes encore sauvages vit une des plus grande population d’ours bruns de la planète. Mais l’économie locale repose sur un animal que nous connaissons tous très bien: LE SAUMON.

C’est pas moins d’un quart des saumons du pacifique qui se reproduisent dans cette région. Cette richesse, longtemps protégée, constitue le socle de l’économie de la région, qui vit essentiellement de la pêche, de la petite agriculture et de l’exploitation forestière. Chaque année, des millions de saumons convergent sur les côtes puis les rivières de la petite région russe pour s’y reproduire, et surtout servir de proies faciles pour la pêche. Mais celle-ci n’est pas pratiquées seulement par les ours bruns, les populations indigènes et des petits pêcheurs, elle constitue aussi l’activité principale de gigantesques complexes industriels qui se soucient plus des profits qu’elle engendre que de son rôle patrimoniale dans la région, tant d’un point de vue humain qu’écologique.

Sur-pêche et mépris de l’Humain et de la Nature

C’est là que l’image de carte postale s’efface au profit de la réalité capitaliste. Longtemps restée inviolée, cette terre est aujourd’hui l’eldorado des industriels du Saumon sauvage. Ils y pratiquent une pêche intensive, une exploitation minière des ressources en saumon des eaux de la région. Des investissements énormes sont engagés, et avec des soutiens politiques importants, les usines à saumon y poussent comme des champignons. Le propriétaire de la plus grosse d’entre-elle est même aujourd’hui député de la province à Moscou, et de son propre aveu, cette fonction n’est pas mauvaise pour les affaires, bien au contraire. Ces conflits d’intérêts majeurs, ainsi que le manque totale de scrupules de ces exploitants entraînent une chute vertigineuse de la population de saumon. Ceux-ci se raréfient, leur reproduction est en chute libre, et ils entrainent dans leurs chute toute la région.

Une destruction sans limites

 

Tout d’abord, le massacre est écologique, puisque tout l’écosystème local repose sur le saumon, la survie de dizaines d’espèces repose sur la présence des saumons dans les rivières de la région, notamment celle de l’Ours brun. La population de celui-ci est en tension, car la base de son alimentation, le saumon, est de plus en plus rare.

La chute des populations de saumon dans les rivières de la province entraîne aussi des dégâts humains: 10 000 indigènes, vivant ici depuis des millénaires, voient la base de leurs alimentations se raréfier, et alors que le régime communiste, contrairement aux rumeurs capitaliste, n’a pas mis en danger leurs pérennité, c’est aujourd’hui le capitalisme qui vient les affamés.

 

Pour finir, les petits pécheurs locaux, eux aussi voient leur unique source de revenus disparaître de jours en jours. En effet, ces petits pécheurs à taille humaine ne résistent pas à la concurrence des grosses usines, dont les cargos de pêche vont pécher les saumons chaque année de plus en plus loin du rivage, au fur et à mesure qu’ils deviennent rares. Si cette situation n’est pas stoppée immédiatement, la survie des populations locales et de dizaines d’espèces est menacée.

30 ans de capitalisme suffisent pour tuer une région et ses richesses écologiques

Cette région n’a pas toujours été l’objet du pillage capitaliste. Sous l’ère communiste, principalement pour des raisons militaires, cette région était interdite au public et donc sous cloche jusqu’en 1990. Les populations indigènes et autochtones pouvait vivre paisiblement avec les ours bruns et les saumons sauvages du pacifique, à l’abri des appétits de profits des multinationales. Nous le savons, le capitalisme n’a aucunes limites, Les usines de la Kamtchatka n’y font malheureusement pas exception. le pillage qu’elles organisent, détruisant en moins de 30 ans ce que des millénaires ont produits, condamne non seulement la survie de toute la région, mais aussi leur propre survie, incapable même d’avoir une vision durable à long terme qui pérenniserait leurs ressources.

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